Le désert des pesticides

Voici une vigne quelque part dans le Val de Loire, sur une des appellations les plus appréciées par les œnologues. Elle a été traitée avant même le début de la floraison par des insecticides et des herbicides.

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La pente est légère mais suffisante pour qu’à chaque pluie, la terre, que plus rien ne retient, ravine et glisse jusqu’en bas dans le chemin d’où la photo est prise : désertée par les herbes et dont la couche supérieure sur 20cm ne contient plus aucune vie en faisant une terre sans trous, ni racines, ni liant la terre se transforme en plaques superposées rigides comme du contre-plaqué qui ne sont plus retenues à la moindre intempérie. En fin de saison, entre chaque rangée de ceps une crevasse de 20 à 30 cm se forme. Et l’hiver venu le viticulteur se voit obligé de ramasser toute la terre qui emplit le chemin en contrebas afin de la remettre dans sa vigne. On voit tres nettement entre les rangées de ceps, la terre remise dans les rangs avec le tracteur.

Un peu avant, sur une autre parcelle, une autre vigne. Bio celle-ci. Cette appellation à ceci de particulier que beaucoup de producteurs font une production Bio depuis longtemps. D’ailleurs les deux meilleurs domaines selon les experts sont deux producteurs Bios.

imageLes ceps sont beaux, la terre vivante et beaucoup d’insectes, parfois un peu gênants, se font jour quand on se promène à côté de cette vigne. Elle me rappelle la vigne que mon père cultivait en Dordogne durant mon enfance : une belle terre, des pieds magnifiques, et aucun traitement si ce n’était un peu de sulfate de cuivre (autorisé en agriculture bio) indispensable pour chasser le mildiou, et de la sueur pour passer le motoculteur afin de rabaisser l’herbe et de casser les faibles racines de surface.

Un peu plus loin, deux parcelles se côtoient. Une Bio, l’autre pas. La différence se voit à l’œil nu :

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D’un côté pas d’herbe, de l’autre côté, la vie. Si on s’approche, si on descend vers la gauche exactement au milieu entre les deux vignes  la vue est saisissante.

Du coté traité aux pesticides :

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Une terre grisâtre, sans vie, plate et désertique, des départs faibles, des feuilles tachées déjà malades, alors meme qu’en ce debut mai elles viennent juste de sortir. Pourtant le viticulteur a été plus précautionneux, il n’a épandu l’herbicide (probablement du RoundUp) qu’au pied des ceps épargnant le milieu de la rangée. Mais ca n’a pas été suffisant.

Un semi-tour sur moi-même, et voici la vigne Bio :

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La terre est vivante, parsemée d’herbe, est marron clair, à des crevasses, des trous et des bosses. Et le ceps a donné naissance à de beaux rameaux, les feuilles sont vertes, claires et saines. C’est de bonne augure pour les grappes de raisins.

Le Val de Loire est loin d’être le plus gros consommateur de pesticides. Elle fait même figure de pionnière pour la production de vins Bios. La région bordelaise et la Bourgogne sont les plus gros consommateurs de pesticides avec les producteurs fruitiers selon le ministère de l’Agriculture.

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